Conférences

Quand les grandes œuvres nous parlent de nous

Méditer une œuvre, c’est la laisser résonner en soi jusqu’à ce que quelque chose s’ouvre et fleurisse.

Certaines œuvres traversent les siècles parce qu’elles touchent à quelque chose d’universel.

Se perdre. Chercher son chemin. Traverser l’épreuve. Se confronter à soi-même. Chercher un sens à son existence. S’interroger sur ce que nous sommes, sur l’amour, la peur, le mal, la mort….

La littérature, la poésie, le cinéma et l’art nous parlent de ces expériences depuis toujours. Certaines œuvres nous révèlent des dimensions de l’être humain qui dépassent parfois la conscience même de leur auteur. D’autres sont de véritables œuvres de connaissance et de transformation intérieure, portées par des êtres qui parlent à partir de leur propre expérience.

C’est le cas des grands textes qui ont profondément accompagné mon parcours : La Divine Comédie de Dante, Khalil Gibran, Lao Tseu, Zhuangzi, Rûmi et les soufis, ou encore les enseignements de Ramana Maharshi, Papaji et Mooji.

Après avoir enseigné l’italien pendant de nombreuses années, mon parcours m’a conduite de la psychanalyse aux approches corporelles et à la méditation. Avec Maison Shen, j’accompagne aujourd’hui des personnes dans un chemin de connaissance de soi et d’exploration intérieure.

Des œuvres qui nous révèlent à nous-mêmes

C’est pendant mes études universitaires que j’ai commencé à découvrir à quel point une œuvre pouvait être bien davantage qu’un objet d’étude.

Durant plusieurs années de préparation au CAPES d’italien, j’ai travaillé en profondeur des auteurs et des œuvres très différents — Pavese, Elsa Morante, Ungaretti, Dante, Foscolo, les Lumières italiennes, Leopardi, Goldoni…

En parallèle, j’étais engagée dans une psychanalyse et, peu à peu, je prenais conscience que les œuvres que j’étudiais entraient en résonance avec ce qui se dévoilait sur le divan. Je découvrais aussi qu’étudier une œuvre et s’étudier soi-même relevaient d’une démarche étonnamment proche : aller au-delà de ce qui apparaît au premier regard, explorer les différents niveaux de sens et mettre en lumière ce qui, jusque-là, était resté dans l’ombre. Je découvrais que la littérature, lorsqu’on accepte de la lire en profondeur, ne nous parle pas seulement d’une époque, d’un auteur ou de personnages. Elle peut aussi nous révéler à nous-mêmes, éclairer certaines de nos contradictions, faire émerger des questions ou des facettes de nous jusque-là restées dans l’ombre.

Plus tard, cette rencontre avec les textes a pris une dimension encore plus directe à travers de grandes œuvres consacrées à la connaissance de soi et à l’expérience intérieure : Khalil Gibran, Lao Tseu, Zhuangzi, Rûmi et la poésie soufie, mais aussi les enseignements de Ramana Maharshi, Papaji ou Mooji.

Des traditions, des époques et des langages très différents, mais une même capacité à nous ramener vers des questions essentielles.

Qui sommes-nous ? Qu’est-ce qui nous fait souffrir ? Qu’est-ce qui demeure lorsque nos repères vacillent ? Comment habiter plus pleinement notre existence ?

C’est de cette expérience personnelle que sont nées mes conférences.

Elles proposent de rencontrer les grandes œuvres non seulement pour ce qu’elles racontent, mais aussi pour ce qu’elles peuvent ouvrir, questionner et mettre en mouvement en nous.

Les Conférences

Dante – La Divine Comédie comme voyage de l’âme humaine

« Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai dans une forêt obscure, car la voie droite était perdue. »

C’est par une expérience étonnamment familière que commence La Divine Comédie : Dante s’est perdu.

Il ne sait plus où il est, ni comment retrouver son chemin.

De cette forêt obscure commence l’un des voyages les plus extraordinaires de la littérature occidentale : une traversée de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis qui conduira progressivement Dante de l’obscurité vers la lumière.

Mais que raconte réellement ce voyage ?

Au-delà de sa dimension religieuse, philosophique, politique et poétique, La Divine Comédie peut aussi être entendue comme le récit d’une transformation intérieure.

Pourquoi faut-il parfois se perdre pour commencer à chercher ?

Que représentent les enfers que nous traversons ?

Pourquoi Dante ne peut-il accomplir seul son voyage ?

Que nous disent Virgile, figure de la raison et de la sagesse, puis Béatrice, figure de l’amour et de la lumière ?

Et pourquoi, plus de sept siècles après sa rédaction, l’expérience de Dante continue-t-elle à nous parler ?

À travers les grandes étapes de la Divine Comédie, cette conférence propose de découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Dante tout en laissant résonner les questions profondément humaines qu’elle soulève.

Une invitation à parcourir Dante comme on parcourt un chemin : de la perte des repères à la découverte d’un autre regard sur soi et sur l’existence.

Giuseppe Ungaretti – La poésie du silence : à la recherche du mot essentiel

Quelques mots.

Un vers parfois réduit à presque rien.

Et autour des mots : le blanc, l’espace, le silence.

Chez Giuseppe Ungaretti, écrire est une recherche. Une recherche exigeante, presque obstinée, du mot capable d’approcher au plus près l’expérience vécue.

Marqué par la poésie française, notamment par Mallarmé, et devenu l’une des figures annonciatrices de l’hermétisme italien, Ungaretti dépouille progressivement le poème de tout ce qui lui paraît superflu. Les adjectifs se raréfient, la syntaxe se resserre, la ponctuation disparaît, le vers se fragmente. Il reste quelques mots — et autour d’eux, le silence.

Mais ce dépouillement n’est pas seulement formel.

Chez Ungaretti, le poète semble creuser dans la langue comme on creuse en soi : enlever, encore et encore, ce qui recouvre, jusqu’à atteindre une parole essentielle, une parole qui ne décrive plus seulement l’expérience mais semble en surgir directement.

C’est cette démarche qui m’intéresse particulièrement.

Que reste-t-il lorsque l’on retire le superflu ?

Que peut exprimer un mot lorsqu’il naît du silence ?

Et si la recherche du mot essentiel faisait écho à une autre recherche : celle qui consiste à traverser les couches accumulées de notre identité pour retrouver ce qui, en nous, est plus essentiel ?

À travers les poèmes d’Ungaretti, son expérience de la guerre, son rapport au silence et son travail de dépouillement de la langue, cette conférence propose une rencontre entre poésie, expérience vécue et exploration intérieure.

Une traversée du langage où enlever ne signifie pas appauvrir, mais peut-être, au contraire, se rapprocher de l’essentiel.

Littérature italienne – Un miroir de l’expérience humaine

Dante, Pavese, Elsa Morante, Foscolo, Leopardi, Pirandello, Ungaretti…

À travers les siècles, la littérature italienne n’a cessé d’interroger ce qui constitue l’expérience humaine : l’amour, la solitude, l’identité, la souffrance, le désir, la perte, le temps, la mort, la recherche de sens.

Des conférences et rencontres peuvent être proposées autour d’un auteur, d’une œuvre ou d’une grande question traversant la littérature italienne.

Grandes œuvres & exploration intérieure

Khalil Gibran – Le Prophète : un puits de sagesse sur l’expérience humaine

L’amour, le couple, les enfants, l’amitié, le travail, la liberté, la douleur, la connaissance de soi, la mort…

Dans Le Prophète, Khalil Gibran aborde, à travers une langue poétique d’une grande simplicité, les grandes expériences qui traversent une existence humaine.

À la veille de quitter la cité d’Orphalèse, Almustafa est interrogé par ses habitants. Chacun lui demande de parler d’un aspect de la vie. Ses réponses composent peu à peu une méditation sur notre manière d’aimer, de nous attacher, de souffrir, d’éduquer, de travailler, de donner, de chercher la liberté ou encore d’affronter la mort.

Mais que nous dit Le Prophète de notre manière de vivre ?

Qu’appelons-nous aimer ?
Peut-on aimer sans posséder ?
Quelle place laisser à l’autre, à l’enfant, à celui que nous croyons « nôtre » ?
Que peut nous apprendre la douleur ?
Et que signifie être libre ?

Cette conférence propose de parcourir quelques-uns des grands thèmes du Prophète et de laisser cette parole poétique entrer en résonance avec notre propre expérience.

Une invitation à relire Gibran non seulement comme un poète, mais comme un auteur qui nous conduit, avec une remarquable simplicité, vers les grandes questions de la connaissance de soi.

Vivre sereinement au quotidien avec le Tao

Comment vivre avec davantage de sérénité dans un monde qui nous invite sans cesse à vouloir plus, faire plus, posséder plus et devenir davantage ?

Le Tao Te Ching et, plus largement, la pensée taoïste nous proposent un mouvement presque inverse : revenir à la simplicité, diminuer plutôt qu’accumuler, cesser de forcer et retrouver une manière plus naturelle d’habiter la vie.

Tout au long de ses chapitres, le Tao Te Ching nous invite au dépouillement : réduire l’agitation des pensées, la multiplication des désirs et des besoins, la recherche incessante de satisfaction, l’accumulation et les excès. Non pas pour mener une vie austère, mais pour découvrir qu’une grande part de notre agitation vient précisément de cette course permanente vers davantage.

Le Tao nous invite également à observer la nature : l’eau qui ne lutte pas et pourtant poursuit son chemin, le souple qui l’emporte sur le rigide, le vide qui rend le vase utilisable, l’alternance naturelle des mouvements de la vie.

Au cœur de cette pensée se trouve notamment le wu wei, le « non-agir » : non pas ne plus rien faire, mais apprendre à agir sans forcer, à reconnaître le mouvement juste et à cesser de dépenser notre énergie à lutter inutilement contre ce qui est.

Comment simplifier notre vie ?
Comment reconnaître les désirs qui nous agitent sans réellement nous nourrir ?
Comment agir sans être constamment dans l’effort et le contrôle ?
Comment traverser les changements avec davantage de souplesse ?
Comment retrouver, au milieu de l’agitation quotidienne, un espace de calme et de simplicité ?

À partir du Tao Te Ching et de la pensée taoïste, cette conférence propose moins une exploration théorique qu’une rencontre pratique avec une sagesse ancienne et étonnamment actuelle.

Une invitation à découvrir comment les principes du Tao peuvent éclairer très concrètement notre manière de travailler, de désirer, de consommer, d’entrer en relation, de faire des choix et, plus simplement, de vivre au quotidien.

D’autres chemins à explorer

La programmation est appelée à s’enrichir progressivement autour d’autres œuvres, auteurs et formes artistiques : Zhuangzi, Rûmi et la poésie soufie, littérature, poésie, cinéma, peinture et autres œuvres majeures qui interrogent l’expérience humaine.

Chaque lieu peut ainsi choisir la rencontre qui résonne le plus avec son public et sa programmation.

Des conférences accessibles à tous

Ces rencontres ne nécessitent aucune connaissance préalable des œuvres abordées.

Elles sont conçues comme des moments vivants de découverte, de réflexion et de partage, laissant une place aux œuvres et à leur contexte, mais également aux questions et aux échanges avec le public.

Durée indicative : 1 h 15 à 1 h 30, suivie d’un temps d’échange.

Les conférences peuvent être proposées dans les médiathèques, universités populaires, librairies, associations, lieux culturels, festivals ou tout autre espace souhaitant accueillir ce type de rencontre.

Organiser une conférence

Vous êtes une médiathèque, une université populaire, une librairie, une association, un festival ou un lieu culturel et souhaitez accueillir l’une de ces rencontres ?

Contactez-moi pour échanger autour de votre programmation et envisager ensemble une intervention.

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